3e dimanche du Carême : Si tu savais…

3e dimanche du Carême – Si tu savais…

Si j’avais à réaliser un film ce matin avec les textes de ce dimanche, je l’intitulerais : une histoire d’eau. Il y aurait beaucoup à dire sur l’eau bien présente sur notre planète bleue. Pourtant, il y a tant de personnes qui n’ont pas accès à de l’eau potable et qui doivent marcher des kilomètres pour en avoir un peu. Et nous, du moins au Québec, nous la gaspillons sans le moindre remords. Et pourtant, elle se fait de plus en plus rare dans certains villages.

Dans les textes, nous n’abordons pas l’eau de la même manière. L’extrait du livre de l’Exode (17, 3-7) nous présente les récriminations du peuple au désert. Nous aurions dû rester en Égypte. Même sous l’esclavage. Est-ce que cela ne nous ressemble pas un peu ? Pour assurer un avenir serein à tous les habitants de la planète, il faudra faire des choix, il nous faudra vivre autrement. Mais sommes-nous prêts à cette traversée du désert, laissant un certain confort et des habitudes de vie bien ancrées ? Regardons simplement les discours canadiens sur le réarmement. Nous avons toujours été considérés comme des pacifistes. Ne sommes-nous pas les fondateurs des Casques bleus de la paix des Nations Unies ? Le budget militaire augmente et on salive déjà au profit de nos entreprises. Où est passée notre volonté de paix et d’harmonie ? Regardons maintenant nos vies. Espérons-nous retourner boire l’eau de l’Égypte ou oserons-nous aller de l’avant vers une terre autre à créer, une terre respectueuse de la veuve, de l’étranger et de l’orphelin, ces appauvris de tous les temps ?

Saint Jean (4, 5-42) met en scène une belle histoire. Une femme samaritaine, impure selon les Juifs de son temps, vient au puits. Jésus lui demande à boire. Elle semble sourire à cette demande comme si cela était irréaliste. Jésus lui promet une eau qui lui enlèverait la soif. Tout de suite, la Samaritaine voit tout le travail qu’elle pourrait s’éviter, cette obligation de transporter de l’eau pour sa famille. Une première réaction tout à fait normale, celle des personnes qui se battent pour vivre et survivre. Il y aurait tant de parallèles à faire avec ses familles, les mères de famille surtout, qui tentent d’assurer un avenir à leurs enfants dans ce monde en guerre. Jésus lui dit : si tu savais le don de Dieu… La question de Jésus nous saisit. Et moi, et toi, sais-tu le don de Dieu ? Le don de Dieu dans ta vie, dans celles des personnes autour de toi, pour ton peuple ? Pour reconnaître le don de Dieu dans nos vies, il faut nous arrêter, laisser de côté quelques instants le tumulte quotidien. À quels puits allons-nous puiser pour boire ce don de Dieu, de cette eau qui nous ouvre le cœur et les mains pour accueillir la vie ? Certains diront que c’est dans la méditation sur la Parole de Dieu, d’autres dans la communion vécue autour de la table du partage du pain et du vin, d’autres aussi dans l’accueil de l’étranger, dans le service des appauvris, dans la protection de la terre.

Cette semaine, prenons le temps de nommer cette eau dont nous avons besoin pour vivre debout dans la joie. Notons aussi les puits où nous pourrons puiser cette eau. Irons-nous seuls au puits ? Bonne semaine ! Bonne marche ! Communion en ce 8 mars avec toutes les femmes qui luttent pour la dignité humaine !

Jean-Marc St-Jacques c.s.v. Responsable général

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