4e dimanche du Carême – Et si on choisissait la lumière ?
Bonjour ! Je vous rappelle que les petits textes envoyés chaque dimanche ne tiennent pas nécessairement compte de toutes les lectures proposées par la liturgie. Ils s’arrêtent souvent à un bout de phrase, comme un clin d’œil de Dieu au cœur du texte suggéré. Développons cette attitude de cueillir cette tendresse de notre Père et Mère, créateur de beauté et libérateur de vie. Il faut donc savoir nous arrêter pour mieux voir et entendre la vie autour de nous. Et encore plus quand elle se manifeste pleinement là où nous ne l’avons pas vu.
Voici deux réflexions qui alimenteront notre marche d’espérance cette semaine. La première est que notre Dieu nous invite à porter notre regard sur les personnes en marge ou qui ne trônent pas sur les sièges de nos puissances. Le prophète Samuel (1 Samuel 16) peut nous faire sourire. On vient pour choisir un roi. « Ne considère pas son apparence ni sa haute taille », dit le Seigneur. Le père lui présente tous ses enfants, sauf le plus jeune qui est resté à travailler au champ. C’est lui qui est retenu, celui qui n’était pas dans nos plans. Mais, avec un brin de sourire, retenons que le prophète nous dit : « le garçon était roux, il avait de beaux yeux, il était beau. » Quant à l’évangéliste Jean, il nous parle de la guérison d’un aveugle, une manière de montrer la manifestation des œuvres de Dieu. Les spectateurs incrédules tentent de démontrer que c’est une autre personne qui voit maintenant, pas cet aveugle de naissance. Leur incrédulité, voire leur cécité, est forte. S’engage alors un débat stérile au lieu de rendre grâce pour le retour à la vue. Encore là, le regard de Dieu en Jésus s’est porté sur un homme en marge de notre société.
Paul dans sa lettre aux Éphésiens (Éphésiens 5, 8-14) nous donne une clé de lecture. « Autrefois, vous étiez ténèbres ; maintenant, dans le Seigneur, vous êtes lumière ; conduisez-vous comme des enfants de lumière. Or la lumière a pour fruit tout ce qui est bonté, justice et vérité. » C’est le deuxième point sur lequel je vais brièvement m’arrêter. Nous vivons dans un monde de grande noirceur : non-respect des droits des Premières Nations, féminicide et violence faite aux enfants, destruction de la planète au profit de certains, déplacement de population par les guerres, la famine, la soif… La liste est longue. Malgré tout cela, Paul nous redit de vivre en fils et filles de la lumière. Mais, honnêtement, la voulons-nous cette lumière ? Nous réfugions-nous dans nos petites sécurités nous fermant les yeux devant la misère du monde et celle autour de nous ? Ne disons pas trop vite non : combien sommes-nous à ne plus suivre les actualités, car elles sont trop sombres?
Alors, si nous sommes des suivants-le-Christ, nous voyons déjà les lueurs de Pâques, celles des vivants debout, celle des personnes qui croient encore qu’il est possible de permettre à des personnes et des groupes, autour de nous et ailleurs dans le monde, de vivre dans la dignité. Cette semaine, arrêtons-nous à cela : comment allons-nous être des porteurs de lumière, celle qui éclaire le beau de la vie et appelle à la justice ? Celle qui redonne la vue nous permettant d’agir pour un monde aux couleurs de l’Évangile ? Que notre prière, nos paroles et nos attitudes soient lumière pour les autres, même si c’est un petit filet dans nos nuits sombres.
Cette semaine, allumons nos vies et ouvrons nos yeux. La vie est toujours au rendez-vous de la vie. Dieu nous en a fait la promesse. Bonne marche !
Jean-Marc St-Jacques, c.s.v. Responsable général