Mercredi des Cendres 2026 – Écouter et jeûner
Nous entrons en ce mercredi 18 février dans le temps du Carême. Le pape Léon XIV lance un appel audacieux dans notre contexte mondial : écouter et jeûner.
Il nous dit : « laisser place à la Parole à travers l’écoute, car la disposition à écouter est le premier signe par lequel se manifeste le désir d’entrer en relation avec l’autre. » Avec cette forte affirmation, il rappelle que Dieu a été à l’écoute de son peuple opprimé en Égypte. Va, libère-le, demande-t-il à Moïse qui se sent bien démuni. Et il affirme : « Entrer dans cette disposition intérieure de réceptivité c’est se laisser instruire aujourd’hui par Dieu à écouter comme Lui, jusqu’à reconnaître que « la condition des pauvres est un cri qui, dans l’histoire de l’humanité, interpelle constamment notre vie, nos sociétés, nos systèmes politiques et économiques et, enfin et surtout, l’Église ».
Pendant ce temps particulier de l’année, relevons ce premier défi de nous mettre à l’écoute : écoute de soi, écoute des autres, écoute du cri des appauvris, écoute du cri de la terre. Soyons bien attentifs, car, c’est là, dans un fin silence, que Dieu nous parlera.
Puis, le pape parle du jeûne. Le jeûne « rend plus évident ce dont nous avons “faim” et ce que nous considérons comme essentiel à notre subsistance. Il sert donc à discerner et à ordonner les “appétits”, à maintenir vigilant la faim et la soif de justice en les soustrayant à la résignation, en les éduquant pour qu’ils deviennent prière et responsabilité envers le prochain. » Tout un défi pour nous qui sommes bien gavés, gavés de nourriture soit, mais surtout prenons conscience que tout notre quotidien est trop souvent pris dans un tumulte invraisemblable. Aurions-nous peur du silence ? Sommes-nous prêts à jeûner de nos réseaux sociaux, de nos tablettes et de nos écrans ? Sommes-nous prêts à faire de la place aux autres et à ce qu’ils vivent ? Sommes-nous attentifs aux signes de Dieu ?
Pour cela, il faut jeûner. Pour toi, c’est peut-être de manger moins pour être solidaire de la faim dans le monde. Pour toi, c’est décrocher de tous les réseaux pour donner du temps à des personnes seules. Pour toi, c’est peut-être de te lever debout et intervenir pour plus de justice et de respect de la dignité humaine. Jeûner est une attitude de vie qui se traduit par une manière de vivre respectueuse de chaque personne et de cette terre, don de Dieu dont les fruits sont à partager à tous. Que notre vie soit sous le signe d’une plus grande frugalité et partageons ce que nous avons et ce que nous sommes avec toutes les personnes en mal de tendresse, de communion, de paix et de justice.
Le pape Léon termine son message du Carême par cette appel à un engagement vrai : « Demandons la grâce d’un Carême qui rende notre oreille plus attentive à Dieu et aux plus démunis. Demandons la force d’un jeûne qui passe aussi par la langue, afin que diminuent les paroles qui blessent et que grandisse l’espace pour la voix de l’autre. Et faisons en sorte que nos communautés deviennent des lieux où le cri de ceux qui souffrent soit accueilli et où l’écoute engendre des chemins de libération, nous rendant plus prompts et plus diligents à contribuer à l’édification de la civilisation de l’amour. »
Que notre carême soit un temps de jeûne pour faire de la place aux autres et à Dieu ! Que notre écoute soit une délicate attention aux personnes qui attendent après quelqu’un pour sourire de nouveau à la vie !
Jean-Marc St-Jacques, c.s.v.