1er dimanche du Carême : Le temps de faire des choix

Le temps de faire des choix

Aujourd’hui, je ne m’arrêterai qu’à l’Évangile de ce premier dimanche du Carême (Matthieu 4, 1-11). On voit Jésus se retirer au désert et il sera « tenté par le diable ». Il lui tient tête et fait des choix qui orienteront toute sa vie engagée, une vie d’amour confiant qui, tristement, le conduira à la mort sur la croix, la mort des indignes et des exclus. On voit déjà l’ombre de la croix et les lueurs du matin de Pâques. Mais alors, à quoi sommes-nous appelés en ce dimanche ? En quoi ce texte est-il toujours d’actualité en ces temps de grande turbulence et de profonde incertitude face à l’avenir ? Jésus se retire au désert. Il prend donc du temps pour prier et plonger au cœur de lui-même, en cet espace d’intimité avec son Dieu, notre Père créateur et libérateur. Saurons-nous prendre du temps cette semaine, ce mois-ci, pour nous arrêter à ce que nous sommes en train de vivre, parfois dans une course effrénée, pleine de tumultes et d’imprévus à gérer ? Arrêtons-nous donc à trois célèbres tentations qui marquent nos histoires et voyons ce qu’elles nous disent à nous aujourd’hui : avoir, pouvoir et savoir. Je traduis cela dans mes mots. C’est différent du texte biblique. Ce n’est pas la vérité absolue, mais la réflexion d’un être humain comme vous qui suit son Dieu depuis des décennies, parfois dans le doute, parfois dans l’obscurité, mais avec la certitude absolue que l’amour est toujours au rendez-vous, car « je t’ai aimé » (Apocalypse 3, 9- 10). Il est écrit dans la nouvelle traduction de la Bible : « Je ferai qu’ils sachent que je t’ai aimé. Parce que tu as gardé ma parole de résistance, moi aussi, je te garderai à l’heure de l’épreuve. » Première tentation : résistons à l’avoir. Cela ne veut pas dire de ne rien posséder. Mais ai-je réellement besoin de tout ce que j’ai ? Est-ce que ma maison, mes biens sont au service de la fraternité ou pour ma gloire personnelle ? Est-ce que je suis conscient que trop de personnes n’ont même pas le nécessaire pour vivre dans la dignité ? Un toit, du pain, des soins de santé… Deuxième tentation : résistons au pouvoir. Cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas assumer un rôle de leader. Mais mon leadership permet-il aux autres de déployer leurs talents et de réaliser leurs rêves ? Est-ce que j’aime contrôler la vie des autres ou celle des groupes où je suis engagé ? Peut-on aussi réfléchir à tous ces pays qui briment les libertés fondamentales ? Jésus a exercé son pouvoir en lavant les pieds de ses disciples et nous ? Troisième tentation : résistons au savoir. Drôle de recommandation de la part d’un éducateur. Il faut plutôt se demander quels sont les savoirs dont j’ai besoin. Suis-je de ceux qui sont sur tous les réseaux pour voir les potins de la vie des autres ? Mon savoir est-il au service de la vie en cherchant à améliorer les conditions de vie des gens autour de moi ? Quelle place est-ce que je fais aux savoirs ancestraux, les Premières Nations, par exemple. Savoir pour faire grandir la vie, voilà un idéal d’éducateur ! Beaucoup de questions et peu de réponses ! Profitons de cette semaine pour partager ces questions avec d’autres personnes pour nous aider à aller au-devant des croix de ce monde pour porter un peu de la lumière de Pâques. Bonne marche ! Jean-Marc St-Jacques c.s.v.!

 

Laisser un commentaire