Les projets tiennent bon en RD Congo

Ulrich Nzau, responsable du SPV de la RD Congo nous écrit : « Je reviens vers vous après un certain temps . J’espère que ce courriel vous trouverez en pleine forme.
Ici, nos équipes se portent bien et la vie poursuit son bonhomme de chemin.

Attentif aux besoins des jeunes : dernièrement je croisé dans la rue un jeune membre de l’équipe « vie d’enfant ». Il s’appelle KAYITA, le frère de Emma, tous les deux membres du SPV. Pour cet enfant dont l’âge est 13 ans , le travail dans les décharges des ordures, la collecte des déchets plastiques est une source des revenus et de soutien pour la famille.
Le SPV RD Congo a toujours oeuvré dans le sens de mise en place des systèmes de mentor pour mieux suivre et encadrer les enfants démunis.

Les amener à changer de vie : par ailleurs, nous continuons l’encadrement des jeunes enfants à travers le projet 1000 mots de vocabulaire. Le projet a déjà porté ses fruits. Les jeunes (filles et garçons) suivent chaque année les cours. À l’issue de leur formation, ils sont capables de lire et écrire. »

À Laval, le chemin…

Le samedi 7 mars, le responsable général a rencontré l’équipe SPV de la Paroisse Ste-Béatrice de Laval. Les membres souhaitaient connaître le parcours de vie de Jean-Marc.  Ce fut une belle occasion de réflexion sur les chemins qui s’ouvrent à nous pour rejoindre le Créateur de toute vie.

 

5e dimanche du Carême – VOUS VIVREZ

5e dimanche du Carême – VOUS VIVREZ !

Bonjour ! Nous avançons à grands pas dans cette marche vers la fête de Pâques, ce matin de tous les possibles. Ce dimanche, les textes nous placent devant la vie et la mort. Ézékiel (37, 12-14) dit : « Je vais ouvrir vos tombeaux, je mettrai en vous mon esprit, et vous vivrez. » Paul (Romains 8, 8-11) nous rappelle que nous sommes dans la mouvance de l’Esprit, un Esprit qui appelle à la vie, ici-bas et au-delà de notre parcours sur terre. Il faut prendre le temps de lire le texte de l’évangéliste Jean (11, 1-45). Lazare, le grand ami de Jésus, est mort. On suit la marche de Jésus vers les sœurs de Lazare, tout le village l’accompagnant. Les émotions sont à fleur de peau. Le mort était aimé. La finale est bien connue. « Lazare, viens dehors. Déliez-le et laissez-le aller! »

Il est fascinant de trouver à travers la Bible tous ces appels à vivre. « Choisis la vie et tu vivras ! » (Deutéronome 30,19), on peut déjà lire au commencement de l’Ancien Testament. Soyons honnêtes ! Devant tout ce qui détruit le monde actuellement, devant cette angoisse grandissante, devant la pauvreté qui s’accentue, que choisissons-nous ? La vie ? La résignation ? L’aveuglement ? Si nous sommes des porteurs de la Parole à la suite du Christ, nous les suivants-le-Ressuscité, oserons-nous une parole autre, des gestes nouveaux, des attitudes libératrices ? Dieu le redit dans nos mots : sortez de vos tombeaux. Déliez-le !

Jésus a passé sa vie à éveiller à la vie. À la femme adultère, il a dit : « Je ne te condamne pas. Va. » Au paralytique, « Prends ton grabat et marche. » À l’aveugle, « Tes péchés sont pardonnés, va. » Et ainsi de suite.

En cette semaine, prenons le temps de nommer les tombeaux qui nous empêchent de vivre heureux. Arrêtons-nous à ce qu’il nous faut délier, comme les mains et les pieds de Lazare, pour retrouver une confiance sereine en demain et susciter des lieux de joyeuse fraternité en tout respect et pleins de tendresse. Oui, aidons les Lazare de ce monde à sortir au grand air, à se relever, à vivre debout en toute espérance, une espérance têtue, une espérance qui nous permet d’affirmer, même de crier, que ce monde vivra, que les puissants n’auront pas le dernier mot. Osons donc encore et encore la vie ! Dans notre vie de tous les jours, dans nos relations, dans nos lieux d’étude et de travail, avec les nôtres et avec les autres inconnus. Partout, soyons des acteurs de résurrection, cette action qui permet à tous de renaître à la vie heureuse.

Bonne marche ! Faites signe à d’autres ! Marcher seul est bien, mais marcher ensemble est encore mieux. Vous vivrez devient une conviction profonde.

Jean-Marc St-Jacques, c.s.v. Responsable général

Partage à Banfora

Le 5 mars, le SPV Burkina, équipe de Banfora ELOQ, dans sa dynamique d’effort de Carême a collecté des habits pour bébés qu’elle remettra dans les jours prochains à la prison et la maternité de la ville de Banfora.

4e dimanche du Carême – Et si on choisissait la lumière ?

4e dimanche du Carême – Et si on choisissait la lumière ?

Bonjour ! Je vous rappelle que les petits textes envoyés chaque dimanche ne tiennent pas nécessairement compte de toutes les lectures proposées par la liturgie. Ils s’arrêtent souvent à un bout de phrase, comme un clin d’œil de Dieu au cœur du texte suggéré. Développons cette attitude de cueillir cette tendresse de notre Père et Mère, créateur de beauté et libérateur de vie. Il faut donc savoir nous arrêter pour mieux voir et entendre la vie autour de nous. Et encore plus quand elle se manifeste pleinement là où nous ne l’avons pas vu.

Voici deux réflexions qui alimenteront notre marche d’espérance cette semaine. La première est que notre Dieu nous invite à porter notre regard sur les personnes en marge ou qui ne trônent pas sur les sièges de nos puissances. Le prophète Samuel (1 Samuel 16) peut nous faire sourire. On vient pour choisir un roi. « Ne considère pas son apparence ni sa haute taille », dit le Seigneur. Le père lui présente tous ses enfants, sauf le plus jeune qui est resté à travailler au champ. C’est lui qui est retenu, celui qui n’était pas dans nos plans. Mais, avec un brin de sourire, retenons que le prophète nous dit : « le garçon était roux, il avait de beaux yeux, il était beau. » Quant à l’évangéliste Jean, il nous parle de la guérison d’un aveugle, une manière de montrer la manifestation des œuvres de Dieu. Les spectateurs incrédules tentent de démontrer que c’est une autre personne qui voit maintenant, pas cet aveugle de naissance. Leur incrédulité, voire leur cécité, est forte. S’engage alors un débat stérile au lieu de rendre grâce pour le retour à la vue. Encore là, le regard de Dieu en Jésus s’est porté sur un homme en marge de notre société.

Paul dans sa lettre aux Éphésiens (Éphésiens 5, 8-14) nous donne une clé de lecture. « Autrefois, vous étiez ténèbres ; maintenant, dans le Seigneur, vous êtes lumière ; conduisez-vous comme des enfants de lumière. Or la lumière a pour fruit tout ce qui est bonté, justice et vérité. » C’est le deuxième point sur lequel je vais brièvement m’arrêter. Nous vivons dans un monde de grande noirceur : non-respect des droits des Premières Nations, féminicide et violence faite aux enfants, destruction de la planète au profit de certains, déplacement de population par les guerres, la famine, la soif… La liste est longue. Malgré tout cela, Paul nous redit de vivre en fils et filles de la lumière. Mais, honnêtement, la voulons-nous cette lumière ? Nous réfugions-nous dans nos petites sécurités nous fermant les yeux devant la misère du monde et celle autour de nous ? Ne disons pas trop vite non : combien sommes-nous à ne plus suivre les actualités, car elles sont trop sombres?

Alors, si nous sommes des suivants-le-Christ, nous voyons déjà les lueurs de Pâques, celles des vivants debout, celle des personnes qui croient encore qu’il est possible de permettre à des personnes et des groupes, autour de nous et ailleurs dans le monde, de vivre dans la dignité. Cette semaine, arrêtons-nous à cela : comment allons-nous être des porteurs de lumière, celle qui éclaire le beau de la vie et appelle à la justice ? Celle qui redonne la vue nous permettant d’agir pour un monde aux couleurs de l’Évangile ? Que notre prière, nos paroles et nos attitudes soient lumière pour les autres, même si c’est un petit filet dans nos nuits sombres.

Cette semaine, allumons nos vies et ouvrons nos yeux. La vie est toujours au rendez-vous de la vie. Dieu nous en a fait la promesse. Bonne marche !

Jean-Marc St-Jacques, c.s.v. Responsable général

3e dimanche du Carême : Si tu savais…

3e dimanche du Carême – Si tu savais…

Si j’avais à réaliser un film ce matin avec les textes de ce dimanche, je l’intitulerais : une histoire d’eau. Il y aurait beaucoup à dire sur l’eau bien présente sur notre planète bleue. Pourtant, il y a tant de personnes qui n’ont pas accès à de l’eau potable et qui doivent marcher des kilomètres pour en avoir un peu. Et nous, du moins au Québec, nous la gaspillons sans le moindre remords. Et pourtant, elle se fait de plus en plus rare dans certains villages.

Dans les textes, nous n’abordons pas l’eau de la même manière. L’extrait du livre de l’Exode (17, 3-7) nous présente les récriminations du peuple au désert. Nous aurions dû rester en Égypte. Même sous l’esclavage. Est-ce que cela ne nous ressemble pas un peu ? Pour assurer un avenir serein à tous les habitants de la planète, il faudra faire des choix, il nous faudra vivre autrement. Mais sommes-nous prêts à cette traversée du désert, laissant un certain confort et des habitudes de vie bien ancrées ? Regardons simplement les discours canadiens sur le réarmement. Nous avons toujours été considérés comme des pacifistes. Ne sommes-nous pas les fondateurs des Casques bleus de la paix des Nations Unies ? Le budget militaire augmente et on salive déjà au profit de nos entreprises. Où est passée notre volonté de paix et d’harmonie ? Regardons maintenant nos vies. Espérons-nous retourner boire l’eau de l’Égypte ou oserons-nous aller de l’avant vers une terre autre à créer, une terre respectueuse de la veuve, de l’étranger et de l’orphelin, ces appauvris de tous les temps ?

Saint Jean (4, 5-42) met en scène une belle histoire. Une femme samaritaine, impure selon les Juifs de son temps, vient au puits. Jésus lui demande à boire. Elle semble sourire à cette demande comme si cela était irréaliste. Jésus lui promet une eau qui lui enlèverait la soif. Tout de suite, la Samaritaine voit tout le travail qu’elle pourrait s’éviter, cette obligation de transporter de l’eau pour sa famille. Une première réaction tout à fait normale, celle des personnes qui se battent pour vivre et survivre. Il y aurait tant de parallèles à faire avec ses familles, les mères de famille surtout, qui tentent d’assurer un avenir à leurs enfants dans ce monde en guerre. Jésus lui dit : si tu savais le don de Dieu… La question de Jésus nous saisit. Et moi, et toi, sais-tu le don de Dieu ? Le don de Dieu dans ta vie, dans celles des personnes autour de toi, pour ton peuple ? Pour reconnaître le don de Dieu dans nos vies, il faut nous arrêter, laisser de côté quelques instants le tumulte quotidien. À quels puits allons-nous puiser pour boire ce don de Dieu, de cette eau qui nous ouvre le cœur et les mains pour accueillir la vie ? Certains diront que c’est dans la méditation sur la Parole de Dieu, d’autres dans la communion vécue autour de la table du partage du pain et du vin, d’autres aussi dans l’accueil de l’étranger, dans le service des appauvris, dans la protection de la terre.

Cette semaine, prenons le temps de nommer cette eau dont nous avons besoin pour vivre debout dans la joie. Notons aussi les puits où nous pourrons puiser cette eau. Irons-nous seuls au puits ? Bonne semaine ! Bonne marche ! Communion en ce 8 mars avec toutes les femmes qui luttent pour la dignité humaine !

Jean-Marc St-Jacques c.s.v. Responsable général

2e dimanche du Carême 2026 – Quitte tes certitudes !

2e dimanche du Carême 2026 – Quitte tes certitudes !

Nous avançons dans ce temps de Carême avec sérénité malgré tout ce qui tue la vie dans le monde, un monde où trop de femmes et d’hommes sont écrasés par des systèmes sociaux, économiques et politiques. Nous ne pouvons pas fermer les yeux devant tant de misère, de violence et d’insensibilité devant la dureté de la vie pour trop des nôtres.

Alors, comment osons-nous dire que nous marchons avec sérénité ? Parce que nous avons la certitude qu’il y aura toujours des matins de Pâques, des matins pleins de lumière, des matins qui nous donnent l’audace de nous lever et d’oser la vie.

Les textes de ce dimanche sont un appel à ne pas rester en place et à aller là où la vie a besoin d’être défendue, protégée, soutenue. Dans la Genèse (12,1-4), Dieu dit à Abram : Quitte ton pays et va vers le pays que je te montrerai. Quitte tout ! Quant à Paul (2Tim 1,8b-10), il invite Timothée à prendre sa part des souffrances liées à l’annonce de l’Évangile. De son côté, le texte de Matthieu (Mt 17,1-9) est sans équivoque. Les disciples viennent de vivre une expérience inouïe de communion avec le Dieu de Jésus-Christ. Tellement pris par cette lumière, ils veulent dresser trois tentes et rester sur la montagne. Jésus, les ramenant un peu sur terre, descend de la montagne, car c’est là que se joue l’avenir de notre monde.

Qu’ont en commun ces trois textes ? Ils sont un appel profond à quitter nos sécurités et nos certitudes pour aller annoncer un évangile nouveau sur des terres où l’accueil ne sera pas au rendez-vous. Quitter! Laisser de côté l’inutile ! Choisir l’essentiel ! Se dépouiller du superflu ! Je pourrais continuer longtemps ainsi. Pour aller sur les routes d’une terre à transformer par un évangile de paix, de justice, de tendresse, il faut voyager léger.

Profitons de ce temps de Carême pour que notre jeûne et notre aumône se transforment en communion solidaire et en fraternité retrouvée. Prenons le temps d’aller sur la montagne, ce lieu de rencontre avec notre Dieu, pour y puiser les forces nécessaires pour vivre debout.

N’y allons pas seuls ! Partons avec les Pierre, Jacques et Jean de nos vies. C’est ensemble que nous pourrons écouter l’appel de Dieu et persévérer sur ces routes encombrées pour y faire grandir le beau de la vie et le merveilleux de chaque personne. Alors, quittons nos lieux de certitude et allons là où la vie nous appelle. C’est en marchant que nous bâtirons ce monde tant attendu. À dimanche prochain !

Jean-Marc St-Jacques c.s.v. Responsable général